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22/05/2008

2008, année (olympique) maudite ?

« D’abord, on a eu la neige au nouvel an chinois, puis les incidents au Tibet, ensuite sur le parcours de la flamme, l’accident de train dans le Shandong, l’épidémie d’EV 71 et maintenant le tremblement de terre, résumait ce jeune Chinois qui se fait appeler Nick, le lendemain du séisme. Franchement, la Chine n’a pas de chance ! » Cette série de catastrophes, naturelles ou non, voilà ce qui occupe un grand nombre de conversations depuis une semaine ici en Chine, où les superstitions vont bon train malgré la volonté du régime communiste de les éradiquer.
Sur les forums de discussion et dans les blogs, on blâme l’année du Rat, qui a débuté le 7 février dernier. On savait qu’elle serait difficile pour les natifs du signe du cheval – ce qui est le cas des deux leaders chinois, le président Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao étant tous les deux nés en 1942. Mais on ne s’arrête pas à ces simples considérations astrologiques.
De nombreux internautes font de savants calculs pour repérer le chiffre huit à tout prix dans les dates auxquelles sont survenues ces événements. « La neige le 25 janvier, 2+5+1=8, le Tibet le 14 mars, 1+4+3=8, le séisme le 12 mai, 1+2+5=8 », égrène « mdqnmh » sur un site de discussion. Le chiffre huit, qui est normalement signe de prospérité et de chance en Chine, prend désormais une allure négative et plutôt sinistre. Or pas de chance : le programme est arrêté pour le coup d’envoi des JO, le 8 août prochain à 20 heures 08.
Certains internautes, comme « Licf », n’ont pas peur de friser le délire, lorsqu’ils remarquent des coïncidences troublantes avec les cinq mascottes des Jeux. « Une des mascottes représente une figure classique de cerfs-volants, et quelque chose se passe dans le Shandong [un haut lieu de la fabrication de cerfs-volants, ndlr] ; une autre représente une antilope tibétaine, et quelque chose se passe au Tibet ; une troisième représente la flamme, et quelque chose s’est passé autour de la torche ; une quatrième un panda, et quelque chose s’est passé au Sichuan [plusieurs réserves de pandas se trouvent dans la région du séisme, ce qui fait de l’animal noir et blanc un symbole de la région dévastée par le séisme, ndlr]. La cinquième a un poisson sur la tête… qu’est-ce que cela signifie ? Un pays (enfin) sous l’abondance ?... »
Plus sérieusement, dans l’histoire chinoise, les catastrophes naturelles ont annoncé les fins de dynasties. « Des séismes, des chutes de météorites… les successions de catastrophes signifiaient la perte du mandat du Ciel pour l’Empereur, ça arrive à chaque fin de dynastie, confirme le sinologue Jean-Philippe Béja, chercheur au CNRS, basé au Centre d’études français de la Chine contemporaine (CEFC). Et c’est une idée très ancrée parmi les mentalités en Chine. »
S’il y a tout de même peu de chance actuellement que la rue se retourne contre Pékin, le chercheur note tout de même que les laobaixing, les Chinois moyens, commencent à se demander si tout ce qui est entrepris n’a pas un effet inverse, avec fatalement en toile de fond, les Jeux du mois d’août. « On voit aussi que le gouvernement chinois est inquiet, note-t-il. Cela expliquerait en partie pourquoi il a réagi si vite et avec autant de transparence sur le tremblement de terre, car finalement, c’est assez nouveau. » Croyances populaires ou pas, Pékin a d’ores et déjà annoncé que la Chine renforçait sa sécurité dans la capitale cet été, et contrôle très étroitement les frontières… pour limiter les catastrophes venant d'ailleurs.

Arcs-en-ciel Les rumeurs les plus folles courent aussi sur internet à propos de l’avant-séisme. Après les fuites de grenouilles, ce sont les arcs-en-ciel qui affolent les internautes… le 12 mai 2008, à quelques centaines de kilomètres de l'épicentre du séisme, plusieurs témoins disent avoir observé des nuages colorés comme des arcs-en-ciel, 30 minutes avant la catastrophe. Aucune explication scientifique n’a, pour l’instant, été avancée, mais certains affirment qu’il s’agit d'un phénomène régulièrement observé avant les séismes. Ca a en tous cas inspiré les utilisateurs de MSN ici : en marque de soutien avec les habitants du Sichuan, ils ont ajouté un petit arc-en-ciel à côté de leur nom (à la place des « Love China » du mois dernier…)
 

19/05/2008

Flamme en berne

Conséquence directe des trois jours de deuil national qui ont démarré ce lundi en Chine pour honorer les victimes du séisme au Sichuan : le parcours de la flamme olympique a été suspendu. Après consultation avec le CIO, le comité chinois d’organisation des Jeux a décidé que le relais de la torche n’aurait pas lieu lundi à Ningbo, et mardi et mercredi à Shanghai. On sait déjà que le relais reprendra à Ningbo le 22 mai, et il y a fort à parier qu’elle passera également à Shanghai, même si ce sera pour une simple journée au lieu de deux : la deuxième ville du pays et capitale économique, est trop importante pour être tout simplement ignorée. Dimanche, le relais à Hangzhou avait commencé après une minute de silence, et samedi, une collecte avait été organisée en marge du départ des relayeurs à Wenzhou. Mais il paraissait tout de même indécent que cette célébration olympique se poursuive alors que toute la Chine s’arrêtera à 14 heures 28 (l’heure du séisme) jusque mercredi, et que toutes les manifestations de divertissement du pays, y compris les programmes télévisés, ont été annulées.

09/05/2008

La flamme éteinte en Chine!

Finalement, la partie chinoise du relais de la flamme olympique ne sera peut être pas si calme que cela ! Selon le quotidien Hongkongais South China Morning Post, la torche aurait été attaquée hier jeudi sur son parcours de Shenzhen. Des témoignages, recueillis par le journal, assurent que plusieurs personnes ont tenté de s’emparer d’elle, qu’ils ont dû être contrôlés par le service d’ordre, et que la flamme se serait même éteinte.

L’info a fui de quelques forums de discussion chinois, comme www.sina.com ou www.163.com, qui racontent que le relais a plusieurs fois été perturbé lorsqu’il est passé dans un quartier appelé « Ville des Chinois d’Outre-Mer ». La flamme aurait même été enfermée dans un véhicule quelques instants pour la protéger. Malgré des policiers postés tous les dix mètres, et une armada d’hommes en bleu, cinq hommes auraient réussi à franchir les barrières de sécurité et s'approcher du porteur de la torche. L'un d’entre eux aurait été bloqué au sol par un gardien de la flamme, les autres auraient été arrêtés par la police. Cela aurait échappé aux téléspectateurs chinois, car la télévision chinoise a stoppé la diffusion pour quelques secondes. Le site hongkonguais indépendant AsiaSentinel.com affirme également que deux hommes auraient réussi plus loin à éteindre la flamme, mais ces informations n’ont pu être confirmées. La version des médias officiels, c'est une foule "excitée" (sous entendu de joie) qui aurait accidentellement éteint la torche.

Shenzhen, c’est la ville-frontière, celle qui jouxte Hong-Kong, et une véritable ville-usine où de nombreux migrants travaillent dans des conditions particulièrement difficiles, en tous cas comparés à d’autres municipalités, comme celle de Shanghai. En tous cas, ce n’était que la troisième étape chinoise : la flamme, symbole de fierté pour Pékin et de reconnaissance de la Chine face au monde entier, doit traverser tout le pays d’ici au mois d’août pour mobiliser le patriotisme chinois – si besoin en était. Hier, le parcours de Shenzhen a été occulté de toute façon par l'arrivée de la flamme au sommet de l'Everest.

Sur l’île de Hainan, première véritable escale chinoise (c'est-à-dire après Hong-Kong et Macao), la flamme s’était éteinte d’elle-même il y a trois jours… devant les caméras. Mais la régie a immédiatement réagit et a tout de suite diffusé des plans de coupe de la foule qui criait « Zhonguo Jia You ! » (Allez la Chine !).

07/05/2008

Pékin affirme faire la pluie et le beau temps

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Le ciel bleu, elle promet qu’elle n’y a été pour rien, jusqu’à maintenant. « Jamais lors des passages du CIO, ou même lorsque la flamme est arrivée à Pékin en avril, nous n’avons modifié la météo, affirme Zhang Qiang, la directrice du bureau de modification météorologique de Pékin. Mais nous devrons assurer le beau temps lors des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux. » Pas question de laisser le hasard venir perturber l’évènement qui adoubera la Chine, même si le 8 août prochain, il y a « 47% de chance qu’il pleuve » ; alors depuis six ans, Pékin a accentué ses recherches en contrôle de la météo.
 
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Le gouvernement chinois n’a pas mégoté sur les moyens : un « super » ordinateur capable de fournir des prévisions kilomètre par kilomètre, sur plus de 44.000 kilomètres carrés a été acheté l’an dernier ; le bureau dispose aussi de trois avions et d’une vingtaine de sites au sol pour envoyer les roquettes de iodure d’argent dans les nuages. Mais les experts occidentaux sont sceptiques, l’efficacité de ces méthodes n’ayant jamais été prouvée – toutes les recherches aux Etats-Unis sur le sujet ont été stoppées. « Nous sommes une mesure d’urgence, admet Zhang Qiang, qui a une position plus réaliste que Pékin, sûr à 100% d’avoir du ciel bleu. On est sûrs de pouvoir agir avec efficacité en cas de petite pluie, mais c’est difficile à dire en cas de grosse pluie. »
 
1740499546.JPGAu 7e étage du bureau situé au nord de Pékin, la trentaine d’ingénieurs qui auraient le pouvoir de faire la pluie et le beau temps s’affairent derrière une maquette en relief de Pékin et sa région. Au sol, des modèles des roquettes. Un technicien surveille en permanence les écrans de contrôles.930118633.JPG « Lorsque l’avion est dans le ciel, nous le dirigeons d’ici, explique Li Hongyu, responsable des recherches.
Nous mesurons les modifications microphysiques des nuages, l’avancée de la formation de ses cristaux de glace, et en fonction, nous prévoyons notre plan. »
 
 
 
En fait, le bureau poursuit deux stratégies : soit il « provoque » la pluie, en vaporisant de l’iodure d’argent 1500913116.JPGdans les nuages qui seraient encore loin, soit il modifie la composition des gouttelettes d’un nuage menaçant et proche de la zone à protéger, afin de réduire les chances de précipitations. « Nous utilisons de l’azote liquide pour augmenter le nombre de gouttelettes tout en réduisant leur taille, explique-t-elle. De plus petites gouttes ont moins de chance de tomber. » Les experts occidentaux mettent à nouveau en garde : en voulant « retarder » la pluie, on ne pourrait que la renforcer, se retrouver face à un risque d’averses plus importantes et donc plus difficiles à maîtriser.
A Pékin, Caroline Dijkhuis

En chiffres
1958 début des recherches sur la modification météo en Chine. Mais c’est en 2000, lors d’une cérémonie en Russie, où le ciel bleu aurait été obtenu « artificiellement » que l’ancien président Jiang Zeming s’est passionné pour ces techniques.
350 000 euros, c’est le budget alloué au Bureau de Modification météorologique de Pékin entre 2002 et 2007, selon Zhang Qiang. On parlerait d’un budget total annuel national d’entre 60 et 90 millions de dollars.
30 avions en Chine sont alloués aux bureaux de modification météorologiques, 1500 personnes travailleraient dans ces bureaux.
250 milliards de tonnes de pluie, auraient été créées artificiellement entre 1999 et 2007 selon la presse officielle chinoise.

 
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