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27/06/2008

Il créée le meilleur symbole du parti, à l’insu de son plein gré

 

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Ai Weiwei a beau être un détracteur du régime chinois, c’est lui qui a dessiné le Nid d’oiseau, ce stade-symbole sans cesse mis en avant par le gouvernement communiste. « J’ai été embauché par le cabinet suisse Herzog et de Meuron, se défend-il, pas par le gouvernement ! »
Pourtant, l’artiste de 51 ans a de bonnes raisons de détester le parti : son père, le célèbre poète Ai Qin, a été déporté en 1958 dans un camp de travail du nord-ouest pour laver des latrines ; la famille aura vécu en tout vingt ans au Xinjiang. « Mais ce n’est pas tant mon histoire que tout ce passé chinois qui me pèse, avance-t-il. Les gens aussi sont déçus, mais n’osent pas le dire, ils ne savent pas se battre pour leurs droits. »
Les Jeux olympiques sont aussi en pleine ligne de mire d’Ai Weiwei, qui avec ses vêtements amples, ses sandales et ses cheveux coupés ras cultive des faux airs de moine. « C’est juste une excuse pour faire profiter certains promoteurs, affirme-t-il, sortant de son apparente nonchalance. Qu’a-t-on fait pour les gens ? On rajouté des toits aux immeubles cubiques et repeint les façades, sans rénover l’intérieur, c’est écoeurant ! »
Il n’est pas tendre non plus avec l’urbanisation de la ville, qui il est vrai, semble totalement désorganisée, et en tous cas, bien moins pensée qu’à Shanghai par exemple. « Chaque année, on construit sur 100 millions de mètres carrés à Pékin, dénonce-t-il. La Chine construit autant que le reste du monde entier ! »
1163279115.jpgLa ville, il l’a fuie. Après avoir passé douze ans à New-York – il a étudié à la Parsons School of Design, ils se sont installés avec sa femme Lu Qing, artiste elle aussi, dans un village au nord de Pékin. Dans la vie comme dans son art, il joue avec les controverses. La sonnette de son atelier est simplement marquée de l’inscription « Fake » (« Faux »). Lorsqu’on passe la porte, on suit une main en plâtre qui, majeur tendu, montre le chemin – certainement un rappel de sa série de photos Study of Perspective, où la Maison Blanche ou la place Tiananmen912559456.jpg sont pointées par son propre majeur tendu. Il ne comprend pas pourquoi il n’a pas encore été arrêté. En tous cas, il ne résiste pas à raconter comment un groupe d’architectes pékinois avait tenté d’éliminer le projet du Nid d’oiseau en 2005, alors qu’il avait été sélectionné deux ans plus tôt par un jury international – parmi lesquels figurait Jean Nouvel. « Ils ont eu de la chance de ne pas avoir eu le temps de nous remplacer, ils en sont tellement fiers maintenant ! », conclut-il sourire en coin.
A Pékin, Caroline Dijkhuis

+ Ai Weiwei est aussi connu pour sa performance Breaking of the Two Blue-and-White Dragon Bowls, où il brise deux vases antiques pour symboliser le vandalisme des gardes rouges lors de la Révolution Culturelle – et aussi le matérialisme ambiant.
+ Il a étudié à la Beijing Film Academy, aux côtés des metteurs en scène Chen Kaige ou Zhang Yimou… celui-là même chargé d’organiser la cérémonie d’ouverture des Jeux.

crédits photo: C. Dijkhuis/ 20 MINUTES 

Commentaires

Un bel endroit pour retrouver son inspiration perdue. La force, la beauté et l’envie de la création fait de cet événement une entreprise de haute qualité.

Écrit par : Ethan - Photo Gallery | 11/06/2009

Cela se passe sans aucun doute que la performance était un des aspects les plus forts de cette organisation. Le meilleur symbole est créé.

Écrit par : Bethany - Software News | 12/06/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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