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24/07/2008

Pollution: le grand défi (visible) des JO

Le ciel est gris. Absolument gris aujourd’hui à Pékin. Et pourtant, depuis cinq jours, on est entrés dans la phase de lutte maximale contre la pollution : 1,5 millions de véhicules ont disparu des routes grâce à la circulation alternée ; une soixantaine de grosses usines sidérurgiques et métallurgiques de la capitale ont réduit ou stoppé leur production. Pékin joue gros, après avoir promis un air pur pour les Jeux. Et sur un timing serré : les autorités du bureau de l’environnement affirment qu’il faut 20 jours pour voir les effets de ces mesures. Ce qui nous amène directement à la cérémonie d’ouverture des Jeux.


La situation de la ville a tendance à accentuer la pollution : Pékin est dans une cuvette, et en plus, victime de tempêtes de sable. Mais on ne peut pas blâmer que la géographie. Depuis le SRAS, les Pékinois qui en avaient les moyens se sont mis à acheter des voitures, et résultat, 1000 véhicules arrivent chaque jour sur les routes de Pékin – alors qu’à Shanghai par exemple, le nombre est limité à 3000 par mois. Il reste encore des usines en plein centre-ville aussi. Et la qualité de l’air semble vraiment avoir empiré depuis. Même si Pékin affirme avoir dépensé 17 milliards de dollars pour lutter contre la pollution.

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        Photo: BBC. La même vue un jour de ciel bleu, et un jour de "brouillard" de pollution

Bien entendu, cela inquiète à juste titre les athlètes : en septembre dernier, lors d’une compétition « test » à Pékin de BMX, seuls huit concurrents sur 50 ont terminé l’épreuve. La BBC révèle aussi que le CIO a été submergé de demandes de sportifs pour utiliser des médicaments contre l’asthme lors des compétitions cet été.

En janvier, une polémique a éclaté, un jeune chercheur, Steven Andrews, révélant dans l’édition asiatique du Wall Street Journal que le bureau de l’environnement de Pékin triche dans ses méthodes de mesure de l’indice de la pollution de l’air. Deux des stations témoins situées dans les endroits de la ville les plus pollués n’auraient, selon lui, plus été prises en compte. Il affirme aussi que les officiels ont substitué un polluant à un autre. Bref, sans ces changements, la ville n’aurait pas atteint ses « objectifs de Ciel Bleu », ni en 2006, ni en 2007.

En février 2007, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a aussi mis à jour ses standards de polluants. Sa nouvelle norme autorise 50 microgrammes par mètre cube d’air et par jour des particules en suspension PM10 (particules de diamètre inférieur à 10 microns – le pire polluant à Pékin, sachant que plus les particules sont fines, plus elles pénètrent facilement les voies respiratoires.) La Chine autorise une norme trois fois supérieure (150 microgrammes). Toutefois, Pékin a assuré qu’elle se plierait aux normes de l’OMS pendant la durée des Jeux.


Seulement voilà, le correspondant de la BBC à Pékin, James Reynolds s’est livré à une petite expérience au début du mois, avant d’affirmer qu’à un mois des Jeux, la Chine était loin d’être prête de ce côté-là. Il s’est procuré un appareil pour mesurer la quantité de PM10 dans l’air, et a fait une série de tests la première semaine de juillet. Sur sept jours, six ne sont pas dans les normes de l’OMS ; trois dépassent même les 150 microgrammes autorisés en Chine (02/07/08: 172, 04/07/08: 351, 07/07/08: 242). Seul hic, noté par ses lecteurs, le journaliste ne procède à ces mesures que quelques minutes par jour, alors qu’il faudrait le faire sur 24 heures pour qu’elles soient totalement valables.
Pour le suivi consulter régulièrement son blog.
 
Par le passé, pour des manifestations ou des sommets importants, des villes chinoises ont réussi à faire reculer la pollution. Les autorités de Pékin sont convaincues que c’est une affaire qui roule et que le ciel sera bleu ; il reste un échelon « d’extrême urgence » dans son plan, qui signifierait fermer des usines des provinces de Tianjin, du Hebei et du Shandong avoisinants – qui causeraient entre 35 et 60% de l’ozone mesurée à Pékin selon un groupe de chercheurs.
 
 
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Caricature de Harry, paru dans le South China Morning Post, juillet 2008 (IOC= CIO en anglais).

En cas de situation extrême, le CIO pourrait exiger de reporter ou délocaliser certaines épreuves, mais c’est une perte de face que Pékin aurait du mal à supporter – et finalement, quand on voit comment l’organisation a laissé manœuvrer la Chine cette année, on peut se demander si Jacques Roggue et ses acolytes ont une influence sur le gouvernement chinois. Et pour une fois, on peut aussi se demander : quid après les JO ? Espérons que cette trêve atmosphérique, si elle se réalise, rende les Chinois conscients des dangers environnementaux et sur leur santé que provoquera une si forte pollution prolongée.
Caroline Dijkhuis

Commentaires

Bonjour,

Il y a un petit point qui m'interpelle dans votre article. Vous dites "en septembre dernier, lors d’une compétition « test » à Pékin de BMX, seuls huit concurrents sur 50 ont terminé l’épreuve". Parlez-vous de la compétition "Good Luck Beijing" du mois d'aout ? Parce que dans ce cas, je ne vois pas vraiment comment seuls 8 concurrents sur 50 ont terminé l'épreuve. Etant donné que les épreuves de BMX se composent de plusieurs manches de 40 secondes environ, je ne suis pas persuadé que la pollution peut empêcher un concurrent de terminer la course. Ou alors, s'agit-il tout simplement des 8 qualifiés pour la finale de la compétition ??? Dans ce cas ce serait normal que seuls 8 concurrents sur 50 soient allés au bout.

Écrit par : Leung | 29/07/2008

Perso, je crois que l'histoire des 8 concurrents sur 50 ayant terminés l'épreuve de BMX est un argument bidon.

Écrit par : Leung | 30/07/2008

Juste pour savoir, la prochaine fois, direz vous que les escrimeurs portent un masque à cause de la pollution ? que seuls 2 équipes iront au bout du tournoi de football encore à cause de la pollution ? que seuls 8 coureurs (les finalistes) iront au bout du 100m ?

Écrit par : Leung | 01/08/2008

Des associations d’écolo qui ne servent à rien.
Cela fait 3 ans que l’on pollue notre znieff, du fioul, des ordures, javel, poubelles etc. directement déversés dans les cours d’eau. Personne pas même la préfecture ne s’inquiète.
J’ai contacté plein d’écolo même cap21 tous s’en foutent, les ornitho tournent la tête, alors que les oiseaux crèvent par la pollution. Les plantes protégées ‘Nivéoles’, sont cramées sur place, les fossés ont dans le fond la pollution de 4 ans de j’menfoutisme.
Merci M Borloo pour notre parc. Vous êtes vraiment formidable en matière d’écologie.
Un parc d’attractions entièrement gratuit
C’est en Normandie, c’est à Cabourg.
http://anarchiland.ifrance.com/
Sur cette page un lien vers d’autres pages et blog.
Signé : Un mec écœuré par tant d’hypocrisie.

Écrit par : jo | 06/08/2008

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Écrit par : nfl sales | 14/08/2010

Alors voilà un superbe article.
Ce n'est pas tout à fait la première fois que je lis ton site perso: en tout cas cette fois, je suis obligée de laisser un mot.
Tu as d'autres trucs à conseiller (globalement) sur ce sujet ?

Encore félicitations !

Écrit par : Colonie echecs | 18/03/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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