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31/07/2008

Blackout d'information sur l'éclipse en Chine

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 Rien dans les médias de Pékin ce matin à propos de l’éclipse totale de soleil à laquelle on assistera demain, en Chine notamment. Seuls les journaux du Xinjiang ou du Gansu, d’où on verra une éclipse totale, évoquent un peu le phénomène ; mais à Pékin, elle sera partielle à 92% tout de même ! On en a entendu brièvement parler il y a un mois, et puis depuis plus rien. Absolument aucune recommandation n’est donnée aux Chinois.

C’est normal que les JO fassent les grandes lignes des quotidiens, à une semaine du coup d’envoi, mais ça ne justifie pas de passer à la trappe l’éclipse. Par contre on comprend mieux quand on se penche sur la culture chinoise et les circonstances politiques actuelles. Dans les croyances populaires – et faut-il rappeler que les Chinois sont assez superstitieux sur ce blog ?-, l’éclipse, c’est le chien gardien de l’enfer qui vient manger le soleil (天狗吃太阳, littéralement le chien du ciel mange le soleil). D’ailleurs, éclipse se dit rishi (日食), ce qui signifie soleil mangé.

Li Chengzi, un spécialiste du feng shui à Hong Kong va même plus loin  : il compte quatre éclipses (lunaires et solaires confondues) et affirme que ça va être une très mauvaise année. Et il rappelle que demain, selon le calendrier lunaire, c’est le début du mois de juillet, oui oui, juillet… le mois des fantômes. Ce qui signifie qu’il faut être sur ses gardes. Selon lui, ça expliquerait pourquoi le gouvernement ait très sérieusement programmé de donner le coup d’envoi des Jeux le 8 août 2008 à 20 h 08: ils auraient voulu mettre toutes les chances de leur côté lors de ces mauvaises auspices - hormis de faire un peu de folklore pour les étrangers bien sûr.

Bref, vous l’aurez compris, l’éclipse annonce un mauvais présage en Chine. Mais ça n’explique pas pourquoi sciemment les médias n’en parlent pas – et du coup ne préviennent pas des dangers de regarder directement une éclipse.

Dans l’histoire chinoise, le sinologue Jean-Philippe Béja nous a déjà expliqué que les successions de phénomènes naturelles extraordinaires ont toujours annoncé un changement de dynastie, de pouvoir. Ca s’est même vérifié pour Mao, qui est décédé quelques mois après le grand tremblement de terre de 1976. Or depuis le séisme du mois de mai, une grande majorité de Chinois sont convaincus que la Chine a la poisse à cause de la succession de catastrophes, et ça inquiétait déjà le gouvernement.

Là, il y a fort à parier que les médias ont reçu des ordres de ne pas trop en faire sur l’éclipse, pour ne pas aggraver ces croyances populaires. Heureusement il y a tout de même des circonstances atténuantes : tout d’abord, l’éclipse sera à son point maximum vingt minutes avant l’heure du coucher du soleil… et puis je vous avoue qu’on n’a pas vu le soleil depuis quelques semaines, alors finalement, verra-t-on l’éclipse ?
Caroline Dijkhuis

Dans la série des grands absents à la cérémonie d'ouverture...

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Il ne vient pas, et on n’en fait pas tout un plat. C’est un dirigeant étranger qui compte pour la Chine, et pourtant, on en aura moins entendu parler que les longues hésitations de Nicolas Sarkozy. Et même moins qu’Angela Merkel qui a pourtant réussi à plutôt bien gérer son absence, puisqu’on n’en parle quasiment pas ici. Le leader nord-coréen Kim Jong-Il ne viendrait pas à la cérémonie d’ouverture des JO la semaine prochaine. C’est le Donga Ilbo, un journal coréen, qui l’affirme. A la place, il envoie son second plus fidèle lieutenant, Kim Yong-nam, le président de l’Assemblée suprême du peuple. Mais apparemment, ça ne choque pas Pékin. Le chargé d’affaire chinois à Pyongyang a affirmé à l’agence officielle chinoise que la Chine « accueillait avec enthousiasme la visite » de Kim Yong-nam.

30/07/2008

Où on parle d’athlètes dans le New York Times…

On ouvre le NYT, et on tombe cette semaine sur deux histoires différentes à propos d’athlètes, qui pourraient rapidement tourner à la polémique. Tout d’abord, une publicité étonnante dans les pages du célèbre quotidien new-yorkais ce matin. Et l’annonceur n’est autre que Student for a Free Tibet. Ca faisait quelques mois que l’association de Tibétains en exil amassait des fonds, avec pour idée de « demander (via la presse) à un athlète de vouloir les représenter aux JO de Pékin ».

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Il y a quatre jours ils annonçaient que les 51 000$ nécessaires avaient été récoltés, et la pub est ce matin dans le quotidien.

Un athlète répondra-t-il à l'annonce. Un peu difficile de répondre: avec les interdictions de porter des badges, dur de s'engager discrètement à Pékin. Et puis j'entendais à la radio il y a quelques semaines l'un des trois sprinters américains du groupe Smith, Carlos et Evans, qui avait levé le poing à Mexico pour protester contre la situation des Noirs aux Etats-Unis en 1968, et affirmait que cela avait déservi leur carrière.

***

Dimanche, c’est un révélation sur deux gymnastes chinoises qui a surpris : alors que l’équipe nationale chinoise de gymnastique a été désignée vendredi dernier, les reporters américains révélaient qu’il y a de fortes chances que deux des filles, dont la favorite aux barres asymétriques He Kexin, n’avaient pas les 16 ans requis pour participer aux JO (c’est une règle olympique qui date de 1997).

Les autorités chinoises se sont empressées de montrer les passeports des deux petites, où tout est en règle. Mais voilà, un peu plus tôt dans l’année, le China Daily affirmait que He avait 14 ans et était trop jeune pour concourir. Le New York times a retrouvé en ligne deux listes officielles affichant une date de naissance pour He Kexin le 1er janvier 1994, ce qui lui ferait tout juste 14 ans et demi. Et elle est donc plus légère et, selon des athlètes renommées, les jeunes athlètes osent plus que leurs aînées. Ces pages sont dorénavant bloquées sur l’internet de Chine.

Il faut tout de même garder en toile de fond que les adversaires principales de He Kexin sont Nastia Liukin et Shawn Jonhson, vice championne et championne du monde… deux Américaines.  

Le 08.08.08 : soucis en vue pour Nicolas Sarkozy ?

Décidément, les aventures de Nicolas Sarkozy en Chine sont loin d’être bouclées. Après avoir fait durer le suspens quatre mois sur sa présence à la cérémonie d’ouverture, avoir réglé le dossier du boycott touristique de la France il y a deux mois, certainement avoir réglé l’histoire du boycott commercial révélé lundi, enterré le soi-disant « boycott » de Carrefour, et presque fait oublier que le Dalaï-Lama serait en France en août, les Verts rempilent. Ils ont annoncé qu’ils afficheraient en grand les portraits du militant des droits de l’homme Hu Jia et du leader des Tibétains en exil sur la Mairie de Paris pendant les JO.

 Ca va encore faire des cheveux blancs aux diplomates français ici. Il faut savoir qu’en Chine, il est peu concevable de croire que Nicolas Sarkozy, président de la République, n’ait aucun pouvoir sur les élus du Conseil de Paris. Ca se voit directement sur les forums ou dans les blogs, qui amalgament les actes du président de la République et ceux de Bertrand Delanoë.

 Et ça ne va pas arranger son accueil dans dix jours… on chuchote déjà qu’il voulait descendre à nouveau cinq étoiles le Sofitel Wanda, dans la suite de 800 m2 dans laquelle il a séjourné en novembre dernier… mais on lui a signifié qu’elle n’était plus disponible.

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                  

29/07/2008

Le Stade copié à travers toute la Chine

Les Chinois aiment leur « Nid d’oiseau », et ils ont raison. L’ouvrage est tout simplement magnifique, imposant et léger à la fois ; il s’impose comme le vrai bâtiment-symbole des Jeux de Pékin.

Mais il n’y a pas que les Pékinois qui l’aiment… en ce moment, une photo fait un vrai buzz sur la toile chinoise, celle d’une copie du stade national réalisé par un paysan en paille –et tout le monde se désole car on n’arrive pas à localiser exactement le village en question.

 

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A Hangzhou, on compte organiser ses propres jeux, et pour cela, dix villageois ont entrecroisés 800 bambous afin de créer leur propre stade, « vert » pour le coup.

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Bref, au fur et à mesure qu’on s’approche des Jeux, on trouve de plus en plus de copies de toutes sortes du stade : une miniature 400 fois plus petite, une en sable, ou même un gâteau !

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Coupe olympique

C’est la nouvelle mode chez les petits Pékinois : se raser la tête en forme de « logo des JO ». Une dizaine de garçonnets de 2 à 8 ans ont attiré l’attention des médias ici après avoir demandé « la coupe olympique » hier à cet éducateur temporairement coiffeur.

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Première enquête sur un cas de censure présumé au village des médias

C’est étonnant. Nous autres correspondants étrangers en Chine pensions que le village des médias et les envoyés spéciaux pour les Jeux seraient épargnés. Mais le CIO a déjà annoncé qu’il allait enquêter sur un cas de censure présumé du service internet du centre de presse des JO.
Aujourd’hui, il était impossible d’accéder depuis le centre de presse au site d’Amnesty International, qui a publié hier un rapport dénonçant un recul des droits de l’homme « à cause des JO ». La censure sur internet est assurée par la « grande muraille électronique » en Chine, un firewall qui interdit l’accès à une liste de sites présélectionnés.

28/07/2008

Wang Hao, ou l’auto flagellation à la table

 

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« Je suis le seul joueur chinois en activité à avoir perdu lors d’une finale aux JO ». Wang Hao, champion mondial de tennis de table, a l’air d’être également le champion de l’auto flagellation. En tous cas, il avoue qu’il lui a fallu surmonter son échec d’Athènes, malgré son statut de leader, pour pouvoir se préparer sereinement à Pékin.

Flash back. Eté 2004, les deux pongistes chinois expérimentés Wang Liqin et Ma Lin sont sortis de la compétition des simples messieurs. Reste Wang Hao, 20 ans, un « remplaçant » de l’équipe chinoise. Mais malgré tout, on attend de lui qu’il batte le Sud-Coréen Ryu Seung-min : il l’avait déjà battu sept fois, à chacune de leurs rencontres. Et puis les Chinois sont les champions incontestés du ping-pong après tout. Mais voilà, Ryu le bat à Athènes et décroche l’or. Surprise générale. Et plus grande perte de face jamais imaginée pour la Chine.

 Finale de tennis de table à Athènes, face à face Wang /Ryu

La légende dit que Wang Hao n’a pas supporté la pression, et a appelé six fois sa mère… incapable de parler, il n’aurait fait que pleurer ! « Trop immature », le mot est lâché. Les médias chinois l’accusent d’être psychologiquement trop faible.
Sans compter que l’hiver précédent, sa liaison avec la joueuse Fan Ying avait été révélée ; leurs coaches avaient trouvé que leur relation empêchait le bon déroulement des entraînements, et la jeune femme avait même été virée de l’équipe nationale pour respecter la règle qui interdit toute relation entre pongistes chinois.

Après Athènes, Wang Hao a repris les choses en main. Il a mis un terme à sa relation avec Fan Ying –qui a été réintégrée du coup, et se concentre sur Pékin. Il compte bien concrétiser l’or, devant son public, chez lui. Il a battu Ryu aux Jeux asiatiques de Doha en 2006 et aux championnats du monde de 2007, à chaque fois en finale ; le jeune homme de 24 ans Il ne veut plus accorder autant d’importance à l’épisode sud-coréen et il le fait savoir : « honnêtement, ça ne rime à rien de faire la liste de mes principaux rivaux, car je pense que mon plus grand obstacle aux JO, ce sera moi-même. » Avant d’ajouter : « J’aimerais vraiment qu’on se rappelle de moi en mieux après les JO de Pékin. »

Caroline Dijkhuis 

 Aux Jeux de Doha

 

25/07/2008

Des annonces terroristes en Chine et de ce qu'elles signifient

Hier soir l’agence officielle Chine Nouvelle a annoncé avoir déjoué un attentat contre le stade de Shanghai, où se dérouleront cet été douze rencontres de football. Ce n’est pas la première atteinte potentielle contre les JO mise en avant par la police chinoise : la police a même affirmé avoir, depuis le début de l’année, arrêté 82 terroristes présumés originaires du Xinjiang, cette province du nord-ouest qui abrite des musulmans Ouighours, dont certains séparatistes. Le Xinjiang et le Tibet sont les deux provinces où l’ethnie Han, qui constitue 95% de la population chinoise, n’est pas majoritaire.
Info ou intox ? Certains veulent-ils vraiment « saboter » les JO ? Petit décryptage.


De plus en plus de « menaces terroristes » déjouées ont été rendues publiques cette année, pourquoi ?
Au fur et à mesure que l’on s’approche des Jeux, l’écho est plus important en occident, c’est inévitable, d’où un effet grossissant.
Mais il est vrai aussi que des minorités contestataires peuvent vouloir profiter de ces « projecteurs sur la Chine que sont ces Jeux » pour faire connaître leurs revendications. C’est ce qui s’est passé au Tibet en mars. Et c’est ce qu’expliquait le directeur du CEFC Jean-François Huchet au début de la crise, qui pensait que les séparatistes du Xinjiang essaieraient peut-être de faire parler d’eux d’ici le début des JO.

En revanche, attention à ne pas confondre « terrorisme potentiel » avec d’autres émeutes ou attentats dont on entend plus parler en France aussi – lundi les deux explosions de bus au Yunnan, au début du mois les émeutes au Guizhou… Là, il s’agit de contestations quotidiennes, souvent de Chinois moyens contre des cadres locaux. Il y en a eu 85 000 en 2006.

Y a-t-il une augmentation réelle des risques ou pas ?
Les observateurs occidentaux ont toutefois du mal à prendre au sérieux ces annonces, car elles sont toujours floues, rarement annoncées au moment des faits. Par exemple, en ce qui concerne la cellule démantelée hier, on ne sait pas quand les arrestations ont eu lieu, ni combien de personnes ont été arrêtées. 

Début juillet, selon l’AFP, des associations d'Ouïghours, l'ethnie turcophone majoritaire du Xinjiang en exil, avaient démenti à plusieurs reprises l'existence d'une telle menace.

Alors pourquoi autant de publicité autour de ces menaces terroristes ?
Les défenseurs des droits de l’homme pensent plutôt que ça permet à Pékin 1/ d’accentuer la pression sur les voix contestataires (religieux tibétains, du Xinjiang, avocats et journalistes connus des autorités pour s’élever contre le régime), 2/ de justifier ce dispositif très que les autorités sont en train de mettre en place. Et ce qu’on a dénoncé sur ce blog depuis le début du mois, avec le déploiement de100 000 soldats, policiers ou paramilitaires, la fermeture de deux campus d’où étaient parties les manifestations de 1989 pour l’été et l’installation de missiles sol-air, entre-autres. Ca marche, les habitants de Pékin sont convaincus qu’il y a de fortes possibilités d’attentat cet été, et supportent d’autant mieux la présence policière croissante. Même si tout cela risque de gâcher l’ambiance de fête des Jeux.

24/07/2008

Pollution: le grand défi (visible) des JO

Le ciel est gris. Absolument gris aujourd’hui à Pékin. Et pourtant, depuis cinq jours, on est entrés dans la phase de lutte maximale contre la pollution : 1,5 millions de véhicules ont disparu des routes grâce à la circulation alternée ; une soixantaine de grosses usines sidérurgiques et métallurgiques de la capitale ont réduit ou stoppé leur production. Pékin joue gros, après avoir promis un air pur pour les Jeux. Et sur un timing serré : les autorités du bureau de l’environnement affirment qu’il faut 20 jours pour voir les effets de ces mesures. Ce qui nous amène directement à la cérémonie d’ouverture des Jeux.


La situation de la ville a tendance à accentuer la pollution : Pékin est dans une cuvette, et en plus, victime de tempêtes de sable. Mais on ne peut pas blâmer que la géographie. Depuis le SRAS, les Pékinois qui en avaient les moyens se sont mis à acheter des voitures, et résultat, 1000 véhicules arrivent chaque jour sur les routes de Pékin – alors qu’à Shanghai par exemple, le nombre est limité à 3000 par mois. Il reste encore des usines en plein centre-ville aussi. Et la qualité de l’air semble vraiment avoir empiré depuis. Même si Pékin affirme avoir dépensé 17 milliards de dollars pour lutter contre la pollution.

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        Photo: BBC. La même vue un jour de ciel bleu, et un jour de "brouillard" de pollution

Bien entendu, cela inquiète à juste titre les athlètes : en septembre dernier, lors d’une compétition « test » à Pékin de BMX, seuls huit concurrents sur 50 ont terminé l’épreuve. La BBC révèle aussi que le CIO a été submergé de demandes de sportifs pour utiliser des médicaments contre l’asthme lors des compétitions cet été.

En janvier, une polémique a éclaté, un jeune chercheur, Steven Andrews, révélant dans l’édition asiatique du Wall Street Journal que le bureau de l’environnement de Pékin triche dans ses méthodes de mesure de l’indice de la pollution de l’air. Deux des stations témoins situées dans les endroits de la ville les plus pollués n’auraient, selon lui, plus été prises en compte. Il affirme aussi que les officiels ont substitué un polluant à un autre. Bref, sans ces changements, la ville n’aurait pas atteint ses « objectifs de Ciel Bleu », ni en 2006, ni en 2007.

En février 2007, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a aussi mis à jour ses standards de polluants. Sa nouvelle norme autorise 50 microgrammes par mètre cube d’air et par jour des particules en suspension PM10 (particules de diamètre inférieur à 10 microns – le pire polluant à Pékin, sachant que plus les particules sont fines, plus elles pénètrent facilement les voies respiratoires.) La Chine autorise une norme trois fois supérieure (150 microgrammes). Toutefois, Pékin a assuré qu’elle se plierait aux normes de l’OMS pendant la durée des Jeux.


Seulement voilà, le correspondant de la BBC à Pékin, James Reynolds s’est livré à une petite expérience au début du mois, avant d’affirmer qu’à un mois des Jeux, la Chine était loin d’être prête de ce côté-là. Il s’est procuré un appareil pour mesurer la quantité de PM10 dans l’air, et a fait une série de tests la première semaine de juillet. Sur sept jours, six ne sont pas dans les normes de l’OMS ; trois dépassent même les 150 microgrammes autorisés en Chine (02/07/08: 172, 04/07/08: 351, 07/07/08: 242). Seul hic, noté par ses lecteurs, le journaliste ne procède à ces mesures que quelques minutes par jour, alors qu’il faudrait le faire sur 24 heures pour qu’elles soient totalement valables.
Pour le suivi consulter régulièrement son blog.
 
Par le passé, pour des manifestations ou des sommets importants, des villes chinoises ont réussi à faire reculer la pollution. Les autorités de Pékin sont convaincues que c’est une affaire qui roule et que le ciel sera bleu ; il reste un échelon « d’extrême urgence » dans son plan, qui signifierait fermer des usines des provinces de Tianjin, du Hebei et du Shandong avoisinants – qui causeraient entre 35 et 60% de l’ozone mesurée à Pékin selon un groupe de chercheurs.
 
 
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Caricature de Harry, paru dans le South China Morning Post, juillet 2008 (IOC= CIO en anglais).

En cas de situation extrême, le CIO pourrait exiger de reporter ou délocaliser certaines épreuves, mais c’est une perte de face que Pékin aurait du mal à supporter – et finalement, quand on voit comment l’organisation a laissé manœuvrer la Chine cette année, on peut se demander si Jacques Roggue et ses acolytes ont une influence sur le gouvernement chinois. Et pour une fois, on peut aussi se demander : quid après les JO ? Espérons que cette trêve atmosphérique, si elle se réalise, rende les Chinois conscients des dangers environnementaux et sur leur santé que provoquera une si forte pollution prolongée.
Caroline Dijkhuis

Permis de manifester

Le droit de manifester pendant les JO ? C’est ce qu’ont affirmé hier les autorités chinoises lors d’une conférence de presse. A quelques précisions près : les manifs seront autorisées dans trois parcs seulement, et après demande préalable. Ca enlève de facto le côté spontané des choses. Mais bon, dans un pays où protester publiquement est permis par la loi mais dans les faits souvent interdit par la police, voyons-y, pour une fois, une sorte de pas en avant.
En fait, la Chine a obéit aux injections du CIO, qui lui avait demandé de faire comme les précédentes hôtesses des JO. Toutes ces villes avaient prévu des « endroits réservés pour manifester », mais elles n’ont jamais eu à faire face à aucune protestation.

Les autorités ont aussi fait savoir qu’il serait interdit de mettre en avant tout objectif politique, religieux ou ethnique dans l’enceinte des installations olympiques.

Avis aux amateurs –même s’il y a peu de chances que Robert Ménard ou ses collègues de Reporters sans frontières arrivent à obtenir un visa: les trois parcs sont le Ritan Park (en plein centre-ville), le Zizhuyuan Park (au nord-ouest) et le Shijie Park (au sud). Les noms des parcs ont été enlevés du compte-rendu public de la conférence de presse.

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Cela me fait penser à une photo qui circulait il y a quelques semaines sur le web, de policiers chinois s’entraînant à contrecarrer des manifestants, fusils à l’épaule, le tout en équilibre sur des Segway!!! Ce qui avait bien fait rire ici quand on connaît l’état des routes et des trottoirs peu compatibles avec ce type d’engins… C.D.


Où on apprend à la suite...

Parce qu’on nous reproche trop souvent à nous journalistes de ne pas suivre les informations qu’on annonce, voici trois petites suites d’histoires précédemment postées :

1. La Fondation Bill Gates – ça rassura peut être Jojo – a nié en bloc la rumeur de l’appartement à 100 millions de RMB. Elle a affirmé n’être pas au courant des détails d’une éventuelle venue de Bill Gates aux JO, mais d’ores et déjà affirme que l’information, un scoop du Chengdu Business Daily repris par le site 163.com, est fausse.

2. Le président Hu Jintao a affirmé que la mer à Qingdao, qui avait été envahie par une algue en quelques semaines, était suffisamment propre pour accueillir les épreuves de voile des JO. Plus de 10 000 ouvriers ainsi que des soldats avaient été dépêchés sur place pour dégager des centaines de milliers de tonnes d’algues – ça rassura peut-être les athlètes ;=)

3. La maison des Yu a été évacuée en pleine nuit il y a une semaine. Les deux numéros de portables qu’ils nous avaient laissés ne répondaient pas. Les médias officiels ont massivement donné leur version de l’histoire pour contrer l’attention des médias étrangers. Et à 3 heures du matin vendredi dernier la maison a été détruite par des bulldozers. Un bloggeur a suivi les derniers moments des résistants de la rue de Dianmen.

06:46 Publié dans (A suivre) | Lien permanent | Commentaires (0)

23/07/2008

Monopoly-JO

705700481.jpgQuel petit veinard ce Bill Gates ! Il a loué pour un an un appartement avec vue imprenable sur le Nid d’oiseau ! Un duplex de 700 m2, construit a priori sur le modèle d’une maison à cour carrée en hauteur (à ce détail près qu’une siheyuan ne compte jamais d’étage !)… à 200 mètres de la piscine « Le Cube d’eau » et du stade olympique, dans l’immeuble en forme de flamme que vous voyez ci-dessous. Le tout pour 100 millions de RMB, soit 10 millions d’euros, selon le site 163.com.

 

 

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Enfin, ce sont des bonnes nouvelles pour tout le monde, car les hôtels ont admis hier devoir baisser leurs prix, car l’affluence espérée n’est pas au rendez-vous. Les deux, trois et quatre étoiles devraient baisser leurs tarifs de 10 à 30% comparés à ceux – mirobolants - annoncés au mois de mai. Le bureau du tourisme de Pékin a admis qu’en juin, la fréquentation était 20% inférieure à celle de la même période l’an dernier.

Ces prix réduits vont essentiellement profiter aux touristes chinois, moins aux étrangers a priori, puique ceux-ci ont déjà été obligés de réserver (à prix d’or) leurs chambres pour pouvoir demander leurs visas.

 

18/07/2008

JO festifs ou pas?

Bon, il y a des jours comme ça, où il y a une avalanche de petites informations, qui mine de rien, veulent dire beaucoup sur le contexte actuel de ces pré-JO… Le vrai suspens est de savoir si ces Jeux pourront être festifs, malgré l’ambiance un peu lourde à Pékin (mais pas forcément dans le reste de la Chine, précisons-le).

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Festif : les répétitions mercredi soir de la cérémonie d’ouverture organisée par le réalisateur Zhang Yimou, avec feux d’artifice qui dureront une heure et demi… et donc difficiles à garder secrets ! Plus de 20 000 acteurs, côté musique de l’opéra de Pékin, des airs classiques et des chants patriotiques. En tout la cérémonie coûterait 200 millions de RMB (20 millions d’euros). Les indiscrétions se multiplient ce matin dans les quotidiens chinois. Pour tous les détails, c’est ici.

Pas festif : la rumeur lancée ce matin par le South China Morning Post affirmant que les autorités de Pékin voudraient interdire l’accès des bars aux personnes de couleur noire pendant les JO. Aucun bar accepte de confirmer l’information pour l’instant, qui est en porte-à-faux avec « la Société Harmonieuse » chère au président Hu Jintao. Et que va-t-il se passer si Barack Obama décide de venir encourager les athlètes américains puis d’aller boire un cocktail ? A suivre, Pékin devrait démentir.

Festif : Sur l’avenue piétonnière Wangfujin, des petites terrasses provisoires avec tireuses à bière ont été installées cette semaine : les Pékinois, grands buveurs de bière, sont ravis !

Festif : Ouverture également des stands des « volontaires », qui, pour l’instant un peu désœuvrés, font signer aux passants des petits mots d’encouragement pour ces JO ont été ouverts… Des panneaux de photos de figurants souriants devant le Nid d’oiseau ont été affichés pour cacher les palissades des chantiers.

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Pas festif : pas de fête sans drapeau en Chine… or selon le petit guideremis avec les tickets des épreuves, il est interdit de courir nu, de jouer aux cartes (l’activité favorite des Pékinois)… ou d’apporter des drapeaux dans l’enceinte des installations olympiques. Enfin, des drapeaux de plus de 1 m x 2 m  ou des emblèmes de pays ou régions qui n’ont pas d’équipes aux Jeux (de quels autres drapeaux a-t-on beaucoup parlé depuis le mois de mars, vous suivez ma pensée ?)

Pas festif : Les exaspérations à peine masquées des Pékinois

Coincés entre des restrictions de plus en plus nombreuses, apeurés par « la menace terroriste » évoquée par les médias à longueur de journée, et convaincus que la grande fête attendue depuis sept ans n’aura pas lieu dans trois semaines, de nombreux Pékinois ne sont plus si heureux que ça d’accueillir les Jeux. Mais, même si c’est difficile à croire, aucun d’eux n’acceptera de s’exprimer en public face à des Occidentaux.

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Les critiques sont moins voilées chez les jeunes. Il suffit de voir le blog de ce journaliste chinois, qui a créé hier sur son blog ce T Shirt « Nolympic » – le T Shirt est un moyen d’expression assez répandu en Chine, les T Shirts « I Love China » ont par exemple squattés des millions de torses depuis avril dernier. Mais ça reste un logo virtuel, peu de chance qu’on le voit porté dans les rues de Pékin.

Caroline Dijkhuis

La campagne dont personne ne veut parler

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C’est la campagne qui aurait pu remettre de l’huile sur le feu des relations franco-chinoises. Trois affiches d’épreuves sportives détournées, où des athlètes sont torturés par des policiers chinois, avec pour slogan « Après les JO, le combat des droits de l’homme doit continuer »…. C’est une campagne qui avait été créée pour Amnesty International par l’agence TWBA. Mais qui n’a finalement pas été diffusée. « Le résultat ne correspondait pas aux messages que l'on essaye d'associer à notre campagne pour les JO », a déclaré récemment Josefina Salomon, porte-parole d'Amnesty, précisant qu’ils cherchaient à conférer un message « plus positif ». Pourtant l’ONG a tout de même autorisé la boîte de pub de faire concourir cette campagne à un concours professionnel, la rendant de facto publique.

C’est le Global Times qui sort l’information en Chine cette semaine. L’affaire met dans l’embarras l’agence américaine, qui doit notamment renouveler un de ses contrats avec Visa, l’un des principaux sponsors des Jeux. La campagne a été créée par l’antenne parisienne de TWBA, le siège s’empresse de pointer du doigt « une personne qui a agit seule et sans concertation ».

Les menaces de boycotts resurgissent immédiatement, mais cette fois-ci, peu étonnamment, sont assez vite contenues. L’information n’est pas reprise par les médias officiels (entendre, elle est bloquée par le département de la propagande). On est à trois semaines des Jeux, Nicolas Sarkozy vient de confirmer sa venue aux Jeux, et la police de la toile a certainement reçu l’ordre de bloquer le maximum de vagues. Reste que quand on tombe sur des blogs passés entre les mailles du filet, les Français en prennent encore une fois pour leur grade. « Comment les Français font-ils pour faire ces bourdes idiotes à des moments critiques ? Du président français au maire de Paris (…). Ils ne sont vraiment que stupides… en plus d’être romantiques ! » [romantiques, langman, c’est le qualificatif associé d’habitude aux Français par les Chinois, ndlr] 

Mais ces blogs sont aussi parfois révélateurs de l’idée de la liberté que se font les jeunes Chinois. « S’ils étaient intelligents, les hommes d’affaires français changeraient de président, affirme ce blog. (...) Comment une telle campagne peut-elle être créée sans l’aval des dirigeants politiques ? » Caroline Dijkhuis

          
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17/07/2008

Zheng Jie: les spotlights de Wimbledon avant les Jeux

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Il y a quelques semaines à Wimbledon, elle a fait sensation. C’est là que le monde entier a découvert Zheng Jie, qui vient d’avoir 25 ans. Cette joueuse de tennis est entrée dans l’histoire pour être la première Chinoise à accéder à une demi-finale de tournoi de Grand Chelem… et pas n’importe comment : pour cela, elle d’abord battu la n°1 mondiale, Ana Ivanovic (voir ci-dessous), puis elle a évincé la tchèque Nicole Vaidisova. Elle a dû plier devant Serena Williams, mais qu’importe : tous les médias s’étaient déjà intéressés à son cas, sportive chinoise sortie de nulle part à quelques semaines des JO de Pékin…
D’autant que Zheng Jie (39e joueuse mondiale) sera à Pékin au mois d’août, pour défendre la Chine en simple et en double dames.


Jusqu’ici, seule la joueuse au caractère bien trempé Li Na était un peu connue du public occidental. Mais Zheng Jie lui a ravi la vedette après lui avoir piqué la place de meilleure joueuse au classement chinois. La jeune femme maîtrise aussi correctement l’anglais, en tous cas assez pour pouvoir répondre aux interviews hors du pays, un phénomène encore assez rare, même parmi cette jeune génération d’athlètes. Ses fans ont été surpris de ses performances médiatiques à Wimbledon, alors ils ont enquêté : elle s’est apparemment mise à l’anglais il y a cinq ans, « en apprenant cinq mots par jour ».

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Après la grande mode des « papas-coachs » parmi les joueuses de tennis (les sœurs Williams, Mary Pierce, Marion Bartoli…), Zheng Jie innove avec les « maris-entraîneurs ». Elle a rencontré Zhang Yu, de six ans son aîné, au club de tennis de Chaoyang en 2001, alors qu’elle a 18 ans. Cinq ans plus tard, ils étaient mariés, et leur relation vaudra à Zhang Yu, capitaine de l’équipe masculine, de décrocher la place de coach de l’équipe féminine, et en particulier de sa jeune épouse. Il cumule ainsi les casquettes de coach, mari, mais aussi cuisinier, grand frère… « Je ferais tout pour l’encourager car elle a toutes les qualités pour devenir une excellente joueuse », affirme Zhang Yu. « Peu importe le niveau que j’atteindrai, je serai toujours sa petite fille », répond étrangement Zheng Jie.

La joueuse, originaire de Chengdu, est également le symbole de toute une région, le Sichuan, cette province dévastée par le séisme en mai dernier. Elle a déjà déclaré qu’elle remettrait intégralement la somme amassée à Wimbledon aux victimes de la catastrophe, et qu’elle irait aussi consacrer du temps aux travaux de reconstruction.
Caroline Dijkhuis

Crédits photo: Xinhua/Song Zhenping - 21cn.com 

16/07/2008

Ils se barricadent au pied du drapeau olympique

 

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Ils ont scotché les photos de tous les leaders communistes depuis Mao sur leur façade, et hissé le drapeau olympique, pour « se protéger ». La famille Yu, des marchands de marrons l’hiver, de boissons fraîches l’été, qui résident depuis 60 ans à quelques pas de la Cité interdite à Pékin, auraient du quitter leur 130 m2, dans lequel loge 14 personnes, depuis le 13 juillet. Mais ils le refusent. Ils se sont barricadés chez eux, en attendant que le gouvernement de Pékin leur promette une « meilleure compensation » que celle pour l’instant proposée.

1465141743.JPGIls ont été prévenus du projet immobilier qui allait effacer leur pâté de maison l’hiver dernier ; ils étaient les seuls à ne pas avoir quitté les lieux pour l’instant. Pour les encourager à partir vite, on leur a volé les machines à marrons cet hiver ; il y a quelques semaines, ce sont leurs frigos qui ont disparu.
Et puis, à quelques jours des Jeux Olympiques, on leur a fait comprendre qu’il fallait que l’avenue sur laquelle donne leur maison soit belle… mais voilà, les Yu n’ont pas du tout envie de voir leur dossier expédié à cause des JO. « Ils veulent faire une allée verte, et qu’on voit les murs rouges ressortir derrière, explique Cao Aihong, l’une des belles-filles. Nous, on est vraiment contents qu’il y ait les Jeux Olympiques, mais ils ne nous donnent que 346 000 yuans, 34 600 euros, pour déménager. On ne peut pas accepter ça ! Parce que dans ce quartier, vous ne pouvez même pas acheter des toilettes à ce prix-là ! »

La famille Yu bénéficie d’une attention particulière depuis hier de la part 545327985.2.JPGdes médias étrangers, car à quelques jours des JO, elle symbolise les nouveaux combats quotidiens des Chinois moyens contre les puissants… le tout sur un marché immobilier en plein boom. Sans oublier que selon le Centre des droits au logement et des évictions à Genève, entre 1 et 1,5 millions de personnes auraient été délogées pour construire les installations des JO. Les expropriations sont donc un thème très olympique.

1464941152.JPG Autour de la porte barricadée, les passants viennent lire les pièces du dossier que la famille a photocopiées et scotchées sur la palissade bleue électrique. « En 2002, on m’a forcé à quitter ma maison pour la détruire, et depuis, je n’ai toujours pas obtenu une bonne compensation, raconte Li Tian, polo jaune et la quarantaine bien entamée, en prenant des notes sur un cahier d’écolier. Je ne peux même pas les poursuivre en justice, le promoteur s’est appuyé sur le gouvernement pour démolir. Il y a trop d’arrangements pas équitables à Pékin. Les gens moyens n’ont pas le droit de défendre leur propriété. »

Un policier passe, caméscope au poing, et vient capturer les visages des journalistes qui commencent à arriver. De l’autre côté de la porte266218655.JPG vitrifiée, où on voit le visage du premier ministre Wen Jiabao en transparence, Cao Aihong lâche : « Ils ont peur qu’on fasse exploser le gaz, donc pour l’instant ils n’osent pas nous déloger. Mais s’ils utilisent la force, on sera bien obligés de partir. On n’est que des petites gens. Eux ils ont l’armée derrière eux ! »
Caroline Dijkhuis

photos: C.DIJKHUIS/20 MINUTES 

11/07/2008

Le chien banni des menus pendant les JO

Les Chinois citadins sont propriétaires de plus en plus de toutous – il y a même le rayon spécial chiens et chats à Ikéa ici, ou un restaurant dédié aux quatre pattes -, jamais manger du chien n’avait posé problème jusqu’ici en Chine. Même si n’exagérons rien, on ne le trouve pas dans chaque gargote pékinoise. Mais voilà, pour les JO, les autorités ne veulent pas froisser les amis étrangers, alors elles ont demandé aux restaurants de la capitale d’enlever les spécialités canines du menu.

Une campagne similaire avait eu lieu à Séoul pour les Jeux de 1988, les Coréens étant particulièrement friands de viande de chien.

Quelques 112 restaurants « olympiques », ayant signé des conventions avec la ville, ont spécialement été sommés de faire attention. Mais cela n’empêchera pas les restaurants coréens et ceux de spécialités du Guizhou de proposer à leurs clients du chien. Huit millions de chiens sont mangés chaque année en Chine.

 PS: Dans ce post, je ne suis pas entrée dans la polémique sur les traitements infligés aux chiens, mais Chou Chine, en ballade actuellement dans le Guanxi, à Yangshuo, où le chien est une spécialité locale, a posté une petite vidéo pour ceux qui auraient été intéressés.

10/07/2008

Les Pékinois et le nouveau visage de la ville

De Time à Paris Match, les magasines internationaux n’en finissent pas de louer le nouveau visage de Pékin, qui possède désormais quelques bâtiments phares, réalisés par des architectes renommés, et tranchant avec le style soviétique omniprésent dans la ville ou avec les hutongs, ces ruelles traditionnelles. « Il y avait Hong Kong et Shanghai. Aujourd’hui, question modernité, il faut compter avec la capitale chinoise », affirme le quotidien qui affectionne « Le poids des mots et le choc des photos. »
Le Stade olympique, construit par les Suisses Herzog et de Meuron (et dessiné par Ai Weiwei), l’Opéra national du Français Paul Andreu, le terminal 3 du Britannique Norman Foster ou la tour de la télévision chinoise du Néerlandais Rem Koolhaas permettent à Pékin d’enfin accéder à des réalisations architecturales originales et qui confèrent une marque à la ville, que le monde entier (ah bon, pas vous ?) est supposé scruter au mois d’août.

Accessoirement, la ville de Pékin a demandé au fils de l’architecte préféré d’Hitler, Albert Speer Jr, de remodeler une route important qui mène aux installations olympiques, mais bizarrement, ça a été moins médiatisé.

Ces bâtiments et ces tours ont été largement montrés dans les médias ici et expliquées aux Pékinois qui sont très attachés à leurs villes et aux traditions. Il fallait arriver à en rendre les habitants fiers, c’était essentiel. En public, ils se disent tous ravis, refusent de critiquer ces « prouesses construites par des étrangers. » Mais c’est sans compter sur leur esprit critique et leur don à surnommer les choses. Découvrez en son et en image ce qu’ils en pensent vraiment.


09/07/2008

Au cas où on aurait encore un doute sur le post d’hier…

Dans les quotidiens de Pékin ce matin, il y a une bonne nouvelle, et trois « mauvaises », comme on l’entend en Occident. Je commence par lesquelles ?

Déjà forts de bloquer les colis et autres courriers par coursiers à Tianjin, à 100 kms au sud de Pékin, pour les passer aux rayons X, ce sont les accès routiers à la ville qui sont dès aujourd’hui contrôlés. Des policiers accompagnés de chiens, harnachés de gilets pare-balles et équipés d’armes anti-émeute sont chargés de passer tous les véhicules au crible. Et une précision a été apportée : tous les accès à Pékin seront bloqués en cas d’urgence.

Autre information : les missiles sol-air sont prêts pour « garantir la sécurité des Jeux ».

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Enfin, alors que les étudiants s’apprêtent à partir en vacances, il est signalé que le campus de Beida (l’université de Pékin, l’une des deux à l’origine des émeutes du printemps 89) sera interdit aux visiteurs entre le 20 juillet et le 18 septembre.

Bon, heureusement, il y a une bonne nouvelle : exceptionnellement, la municipalité de Pékin réfléchit à publier une loi spéciale encourageant au télétravail pendant toute la durée des JO, qui permettrait aux Pékinois de certaines administrations et entreprises de ne pas sortir de chez eux… afin de ne pas encombrer les rues de la ville et d’aggraver la pollution atmosphérique. C.D.

 
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