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09/08/2008

Le 08.08.08 est mort ! Vive le 08.08.08 !

0 jours, 23 heures et des poussières de minutes. Il y a deux soirs, en passant devant l’un des panneaux de compte à rebours du centre-ville, avec mes collègues Pierre et Stéphane arrivés de France pour couvrir les sports aux Jeux, c’est le choc. Tout d’un coup, je réalise que ça y est: j’avais débarqué à Shanghai en septembre 2005, 1048 jours avant les JO. Avec pour vieux rêve d’être journaliste en Chine, et si possible, d’être là pour les Jeux. Et on y est!

Hier soir, assise dans le Nid d’oiseau, alors que la cérémonie d’ouverture a débuté et que je commençais à liver pour 20minutes.fr, petit moment d’émotion, j’avoue. D’un côté, le grand souhait des Chinois de se montrer au monde s’est enfin réalisé, et je suis sincèrement heureuse: ils le méritent tellement! De l’autre, je ne suis pas ravie de l’image que leur gouvernement donne à montrer. On a vécu une sacrée année ici, où chaque événement aurait pu changer un peu le cours des choses, mais Pékin a à chaque fois habilement négocié les virages à son avantage, et moins à celui de la société chinoise - à part peut-être en ce qui concerne le séisme du Sichuan. Les JO, c’est le sport avant tout. Mais tout ce qui se passe avant les JO, il n’y a rien de plus politique. Les Chinois avaient d'ailleurs été les premiers à donner le la: Deng Xiaoping lui-même avait expliqué pourquoi il était important politiquement d’accueillir les Jeux sur le sol chinois.

Bien sûr, il ne fallait pas être naïf, et croire à toutes les promesses d’ouverture de 2001, mais le Tibet a agit en vrai révélateur sur la fermeture et l’autorité de cette nouvelle génération de leaders qui dirigent une Chine qui se modernise. Une frange du pouvoir réussit à maintenir plus d’1,3 milliards de Chinois sous sa coupe, et maintenant, après avoir vécu les choses sur le terrain, je sais que ses arguments sont souvent creux, sonnent souvent faux.

Le pire, c’est que tout ce qui s’est passé cette année, émeutes au Tibet, scandales de pollution et de censure à internet entre autres, ont été cautionnés en fanfare, et entérinés hier soir. Par le CIO en tête, et de nombreux pays du monde entier aussi. Ca n’aide pas les Chinois éduqués et ouverts à rester optimistes. Sans compter le plus inquiétant, quand la Chine réussit à imposer sa force à l’étranger directement. Comme avec ces centaines de forces spéciales chinoises pour accompagner le relais de la flamme – qui s’est donc transformé en mascarade… ou comme hier à Paris, avec l’interdiction de manifester autour de l’Ambassade de Chine émise par la préfecture de Paris.

C’est important car des moments qui catalyseront autant d’espoirs et d’enjeux, qui permettent de faire pression et plaider pour un développement plus harmonieux, ils n’y en aura plus de si gros, maintenant que la Chine est entrée à l’OMC et que le coup d’envoi des Jeux a été donné. Voilà, c’est ce que ce blog a tenté d’expliquer. Maintenant que les JO ont commencé, la route vers le 08.08.08 n’a plus lieu d’être. Mais avec l’équipe de 20 Minutes délocalisée à Pékin, nous vous proposons Un autre regard sur les Jeux.

Nous allons faire nos touristes, Pierre et Stéphane à propos de la Chine, puisque c’est leur premier séjour. Moi dans les coulisses des JO (ce sont mes premiers Jeux) ou de la Chine pendant les JO… car finalement, ce pays que je vous ai décrit dernièrement n’est pas tout à fait la Chine du temps des Jeux!

A très vite,
Caroline

06/08/2008

Les Chinois «love» leur pays

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Si vous n’aimez pas la Chine, nous, nous l’aimons et nous le montrons, semblent dire les Chinois à leurs hôtes étrangers à l’approche des Jeux. Depuis un mois, les drapeaux rouges aux 5 étoiles, symbole du parti communiste dirigeant la nation, déferlent dans les rues de Pékin. Sur la devanture des magasins, au coin des pare-brises, sur les tables de restaurants, ils sont partout. Les tee-shirts «I love China», «I love China more than ever» (j’aime la Chine plus que jamais) ou «Listen to China’s voice!» (écoutez la voix de la Chine!) se vendent aussi comme des petits pains, notamment depuis les événements du Tibet, en mars.

Au Yashow, temple pékinois des fringues pas chères, le tee-shirt «I love China» ne part pas qu’aux mains des touristes étrangers. «J’en vends 80 par jour et beaucoup à des Chinois», assure Li, postée près de l’entrée. Intempéries hivernales, affaire tibétaine, séisme, inondations, en 2008, la Chine a presque essuyé tous les fléaux bibliques. Après le séisme, Xiao Meng, 30 ans, a décidé d’acheter un tee-shirt sur l'Internet: «Sur les 3 €, 10% ont été reversés aux victimes», souligne-t-elle. Comme l’explique Xu Tiebing, professeur à l’université des Communications de Pékin, il est «naturel que les Chinois se replient sur la nation en période de catastrophe, et fassent assaut de solidarité». Si leur patriotisme s’est politisé après les événements de Lhassa au Tibet, il ne s’agit pas, selon lui d’un sentiment  xénophobe. «Rien à voir en tout cas avec ce que peut susciter le Front national en France.»

Business du patriotisme

Déjà en 2005, au moment de la réapparition des tensions territoriales avec le Japon, le tee-shirt «Rendez-nous les îles Diaoyu» avait rencontré un franc succès. Comme ailleurs, business et patriotisme font parfois bon ménage. Pour Wang, 28 ans, traducteur à Pékin, l’engouement nationaliste périodique concerne surtout les jeunes générations. «Même si les gens sont d’accord avec ce qui est écrit sur les tee-shirts, ils préfèrent exprimer leurs idées autrement que par des slogans aussi simplistes. Seuls les ados les portent, ce que mes parents par exemple ne feraient pas.»

Dans les modèles de tee-shirts proposés à la vente, l’un d’entre eux apparaît peu politiquement correct aux yeux d’un Occidental : «I love Tibet but I hate Dalai Lama». Leo (nom anglais), 17 ans et élève de lycée, trouve le slogan «un peu fort». Amanda, 29 ans, le trouve «ok, quoique trop politique», mais n’aime pas le design «un peu enfantin.» Quant à Wang, il relativise, un peu gêné: «Les gens qui portent ce tee-shirt soutiennent d’abord l’unité nationale. Nous espérons que les informations qui nous sont données sont vraies.»

Certes, le sentiment national va dans le sens du gouvernement, exutoire aux problèmes de fond, mais ce dernier cherche malgré tout à le canaliser, interdisant par exemple le port de tee-shirts «I love China» dans les stades. «Le sentiment national varie selon les périodes, rappelle Xu Tiebing. Même si elles l’encouragent, les autorités politiques sont aujourd’hui un peu dépassées.» Reste à savoir si les tee-shirts auront toujours le même succès quand les étrangers auront plié bagage.

Hélène Duvigneau

JO: c'est parti pour les Pékinois!

 

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Vélodrome olympique, à 15 kms à l’ouest de la place Tiananmen. Il a fallu emprunter le cinquième périphérique (sur six) pour réussir à rattraper la flamme à temps. Une vraie épreuve en soi : la parcours a été gardé secret, non divulgué en détails à la presse étrangère. A mi-parcours, entre la place Tiananmen et le Temple du Ciel, on arrive en pleine banlieue populaire. « C’est un kuai (1 RMB=0,10 €) le drapeau, un kuai l’autocollant ! », hurle Zhang Qiang, bandeau rouge « Allez la Chine » autour de la tête, aux badauds en pause déjeuner. Les bébés agrippent des drapeaux entre leurs petits doigts, les plus grands se collent des autocollants sur les joues. Des dizaines de milliers de badauds sont agglutinés autour du parc d’attraction où va se dérouler le relais, certains franchissent même sans vergogne les rubans placés par la police - rarement osé en Chine.

Ferveur populaire

« C’est vraiment le début des JO pour les Pékinois, lance Zhou Mingyang, la vingtaine et les cheveux en pétard. L’ambiance n’était pas au top en juillet, il y a eu beaucoup de restrictions, mais on ne peut que les accepter si c’est pour la sécurité. » Zhang Weiwei a 20 ans et de la chance : il a reçu l’autorisation d’entrer après avoir fait la queue deux heures. « Je suis « volontaire », explique-t-il. Ils acceptent plus facilement de nous faire rentrer lorsqu’on est volontaires. C’est une grande chance… Pékin a attendu si longtemps pour avoir ces Jeux ! » Il a aperçu la flamme, portée par le 248è relayeur (il y en a 433 en tout ce mercredi), et il est heureux. « Les gens ne viennent pas pour plaire au gouvernement, ils sont vraiment heureux d’avoir ces Jeux : c’est important pour le développement de la Chine, pour l’économie, mais aussi pour l’ouverture. »

Un relais sous haute sécurité


Qu Yanling, lui, grogne doucement. Il est arrivé à 8 heures (le journal prévoyait que la torche passe entre 13 et 14 heures 30) et n’a pas réussi à voir la flamme, il repart bredouille. « Le relais est organisé dans un parc fermé, c’est dommage, mais c’est sûrement pour la sécurité », lâche le quadragénaire. A quelques mètres de lui, un camion attire les curieux. Parabole sur le toit, des écrans qu'on aperçoit à travers les vitres et deux caméras télescopiques qui pivotent à 360°. "Ca doit être un camion de régie télé", avance un des badauds. A ce détail près qu'il est marqué « Beijing Emergency Management ». C’est l’équipe d’intervention d’urgence de la police de Pékin.

04/08/2008

Un feu d'artifice géant... Liu en lice... Bush en vacances en Chine, mais pas pour la première fois

Le village olympique bruisse de rumeurs… ce sera « Les coulisses des JO » sur ce blog, des petites infos pas toujours vérifiées, mais que je ne résisterai pas à vous faire partager pour tenter de vous faire vivre l’excitation d’ici.

Premier « scoop », car a priori, l’info serait bonne : un feu d’artifice géant, qui couvrirait le ciel de tout le centre ville de Pékin, et en particulier l’axe nord-sud qui va du village olympique au temple du Ciel en passant par la place Tiananmen et la Cité interdite, à la fin de la cérémonie d’ouverture. On avait parlé d’un dragon rouge, mais il s’agirait en fait d’un autre dessin. On chuchote aussi qu'une baleine viendrait nager dans le stade lors de ce spectacle de cérémonie d'ouverture. Bien sûr, ce ne sont que des effets spéciaux, mais il paraît que l'effet est saisissant. Fin du suspens – s’il ne pleut pas- dans quatre jours.

500… c’est le nombre de gardes du corps qui font le voyage avec George W. Bush pour assurer sa sécurité pour ses cinq jours de visite -dont une partie de vacances. Ils sont tout en noir, incognito… j’en ai croisé un qui entrait dans un resto. Il faut savoir que George Bush père a été Ambassadeur des Etats-Unis en Chine (de 1974 à 1976), et que Junior a même passé deux mois de son adolescence à Pékin pour des vacances… à l’époque dans des résidences diplomatiques barricadées un peu barbantes. Pour tout savoir des Bush au pays du lotus bleu, c’est ici.

Le 21 août, double rendez-vous pour Liu Xiang, le hurdler héros national ici. Tout d’abord, ce sera la finale du 110 mètres haies, à 21h35 heure locale (15h35)… avec son duel très attendu avec le Cubain Robles. Et puis, quelques heures plus tôt, il pourrait devenir membre du CIO… puisque quatre nouveaux membres de la commission des athlètes du CIO doivent être désignés cette année, et Liu Xiang fait partie des 29 candidats - la bien-nommée commission des athlètes doit se charger de faire le lien entre les athlètes et le CIO.

Les adeptes des théories du complot, ici à Pékin, indiquent que la date a été choisie de façon à tomber le même jour que la finale. Avec 639 athlètes chinois qui vont certainement aller voter (sur 10 500 au total, sachant que le taux de participation est de 50%), Liu Xiang a toutes ses chances. Et alors, soit il remporte la finale tant attendue, et c’est un double sacre, soit le public chinois, qui a placé tous ses espoirs sur Liu, pourra se rabattre sur une élection de consolation. A suivre.

C.Dijkhuis 

01/08/2008

Rencontre avec les «fanas» olympiques

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A Beige relève son tee-shirt, pas peu fier. Sur son torse, les cinq anneaux, Beibei, l’une des cinq mascottes olympiques et le fameux slogan, «un monde, un rêve». «Ca a été dur, pendant le tatouage et j’ai vraiment souffert, mais ca valait la peine: les J.O seront avec moi toute ma vie.» Depuis onze mois, A Beige est sur les routes. onze mois à pédaler, depuis la province du Heilongjiang, à la frontière russe, jusqu’à Pékin, en clamant les valeurs de l’olympisme, avec une ferveur pétrie de patriotisme: «Je veux que le monde entier sache que les Jeux olympiques ont lieu en Chine. Je suis fier de mon pays», claironne-t-il. 

«Tout le pays sait que c’est une grande chose, une chose qui n’arrive peut-être que tous les 100 ans. Cela montre que la Chine a changé. Et les jeux, à leur tour, changent la Chine, poursuit  Shi Changling, son compagnon de route qui, à 55 ans, a vendu sa boutique dans la province du Yunnan pour financer son périple en tricycle à la gloire des Jeux. Shi ne semble pas vraiment avoir entendu parler des critiques des pays étrangers envers les atteintes aux Droits de l’homme en Chine et ne paraît ne pas bien savoir ce qui se cache derrière cette notion. «Vous savez, je n’ai pas beaucoup d’éducation», s’excuse le quinquagénaire, pour qui le monde est simplement «une grande famille» et l’olympisme une «occasion pour les peuples de se parler.»

«Tout le monde a sauté de joie»

La ferveur de Shi atteste la réussite du gouvernement à avoir fait des Jeux un événement fédérateur et du soutien à «Pékin 2008» le symbole de la fierté nationale. «Je sais que des gens à l’étranger ne voulaient pas que la Chine ait les jeux. Moi, je pense que c’est une bonne chose, explique Chen, étudiant cantonais. Ca montre combien la Chine s’est développée. Je me souviens du jour où on a appris la nouvelle, en 2001: les mots «Pékin a gagné» sont apparus sur l’écran de la télé et tout le monde au sauté de joie!».

Sept ans plus tard, loin d’être écorné par les critiques étrangères, l’orgueil national est au plus haut. Les drapeaux chinois fleurissent sur les capots des voitures et sur la poitrine de tous ceux qui arborent le tee-shirt «I love China». Avec une croissance de 11,4% en 2007 et le projet «Pékin 2008», le gouvernement sait qu’il a les atouts pour satisfaire, sans assouplir le régime, une bonne partie du peuple, suivant le vieil adage romain: «du pain et des jeux.» 
Christina Lionnet 

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