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28/07/2008

Wang Hao, ou l’auto flagellation à la table

 

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« Je suis le seul joueur chinois en activité à avoir perdu lors d’une finale aux JO ». Wang Hao, champion mondial de tennis de table, a l’air d’être également le champion de l’auto flagellation. En tous cas, il avoue qu’il lui a fallu surmonter son échec d’Athènes, malgré son statut de leader, pour pouvoir se préparer sereinement à Pékin.

Flash back. Eté 2004, les deux pongistes chinois expérimentés Wang Liqin et Ma Lin sont sortis de la compétition des simples messieurs. Reste Wang Hao, 20 ans, un « remplaçant » de l’équipe chinoise. Mais malgré tout, on attend de lui qu’il batte le Sud-Coréen Ryu Seung-min : il l’avait déjà battu sept fois, à chacune de leurs rencontres. Et puis les Chinois sont les champions incontestés du ping-pong après tout. Mais voilà, Ryu le bat à Athènes et décroche l’or. Surprise générale. Et plus grande perte de face jamais imaginée pour la Chine.

 Finale de tennis de table à Athènes, face à face Wang /Ryu

La légende dit que Wang Hao n’a pas supporté la pression, et a appelé six fois sa mère… incapable de parler, il n’aurait fait que pleurer ! « Trop immature », le mot est lâché. Les médias chinois l’accusent d’être psychologiquement trop faible.
Sans compter que l’hiver précédent, sa liaison avec la joueuse Fan Ying avait été révélée ; leurs coaches avaient trouvé que leur relation empêchait le bon déroulement des entraînements, et la jeune femme avait même été virée de l’équipe nationale pour respecter la règle qui interdit toute relation entre pongistes chinois.

Après Athènes, Wang Hao a repris les choses en main. Il a mis un terme à sa relation avec Fan Ying –qui a été réintégrée du coup, et se concentre sur Pékin. Il compte bien concrétiser l’or, devant son public, chez lui. Il a battu Ryu aux Jeux asiatiques de Doha en 2006 et aux championnats du monde de 2007, à chaque fois en finale ; le jeune homme de 24 ans Il ne veut plus accorder autant d’importance à l’épisode sud-coréen et il le fait savoir : « honnêtement, ça ne rime à rien de faire la liste de mes principaux rivaux, car je pense que mon plus grand obstacle aux JO, ce sera moi-même. » Avant d’ajouter : « J’aimerais vraiment qu’on se rappelle de moi en mieux après les JO de Pékin. »

Caroline Dijkhuis 

 Aux Jeux de Doha

 

17/07/2008

Zheng Jie: les spotlights de Wimbledon avant les Jeux

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Il y a quelques semaines à Wimbledon, elle a fait sensation. C’est là que le monde entier a découvert Zheng Jie, qui vient d’avoir 25 ans. Cette joueuse de tennis est entrée dans l’histoire pour être la première Chinoise à accéder à une demi-finale de tournoi de Grand Chelem… et pas n’importe comment : pour cela, elle d’abord battu la n°1 mondiale, Ana Ivanovic (voir ci-dessous), puis elle a évincé la tchèque Nicole Vaidisova. Elle a dû plier devant Serena Williams, mais qu’importe : tous les médias s’étaient déjà intéressés à son cas, sportive chinoise sortie de nulle part à quelques semaines des JO de Pékin…
D’autant que Zheng Jie (39e joueuse mondiale) sera à Pékin au mois d’août, pour défendre la Chine en simple et en double dames.


Jusqu’ici, seule la joueuse au caractère bien trempé Li Na était un peu connue du public occidental. Mais Zheng Jie lui a ravi la vedette après lui avoir piqué la place de meilleure joueuse au classement chinois. La jeune femme maîtrise aussi correctement l’anglais, en tous cas assez pour pouvoir répondre aux interviews hors du pays, un phénomène encore assez rare, même parmi cette jeune génération d’athlètes. Ses fans ont été surpris de ses performances médiatiques à Wimbledon, alors ils ont enquêté : elle s’est apparemment mise à l’anglais il y a cinq ans, « en apprenant cinq mots par jour ».

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Après la grande mode des « papas-coachs » parmi les joueuses de tennis (les sœurs Williams, Mary Pierce, Marion Bartoli…), Zheng Jie innove avec les « maris-entraîneurs ». Elle a rencontré Zhang Yu, de six ans son aîné, au club de tennis de Chaoyang en 2001, alors qu’elle a 18 ans. Cinq ans plus tard, ils étaient mariés, et leur relation vaudra à Zhang Yu, capitaine de l’équipe masculine, de décrocher la place de coach de l’équipe féminine, et en particulier de sa jeune épouse. Il cumule ainsi les casquettes de coach, mari, mais aussi cuisinier, grand frère… « Je ferais tout pour l’encourager car elle a toutes les qualités pour devenir une excellente joueuse », affirme Zhang Yu. « Peu importe le niveau que j’atteindrai, je serai toujours sa petite fille », répond étrangement Zheng Jie.

La joueuse, originaire de Chengdu, est également le symbole de toute une région, le Sichuan, cette province dévastée par le séisme en mai dernier. Elle a déjà déclaré qu’elle remettrait intégralement la somme amassée à Wimbledon aux victimes de la catastrophe, et qu’elle irait aussi consacrer du temps aux travaux de reconstruction.
Caroline Dijkhuis

Crédits photo: Xinhua/Song Zhenping - 21cn.com 

09/07/2008

Liu Xiang, le gentil petit champion

L’image des Jeux de Pékin, c’est lui. Liu Xiang, 25 ans, est le premier athlète à avoir porté la torche sur le sol chinois – il l’avait reçu des mains du président Hu Jintao, un relais loin d’être anodin. Consacré au 110 m haies dès sa première participation aux JO il y a quatre ans, Liu a depuis établit un nouveau record de 12,88 secondes à Lausanne en 2006, et n’en finit plus de faire la fierté de la Chine.

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« Tout le monde veut faire de Liu Xiang un symbole, Pékin comme les Chinois, affirme Wu Han, rédacteur en chef du premier quotidien sportif Titan. C’est un garçon clair, intéressant, positif. Il montre l’image d’une Chine brillante. » A Shanghai, sa ville natale, l'histoire de sa courte vie est même déjà au programme dans les écoles primaires. A chacun de ses déplacements, il provoque des scènes d’hystérie collective.

Si l’aura de Liu Xiang est importante, lui qui a laissé tomber la musique pour se consacrer au sport – même après avoir sorti un CD, c’est aussi car il est le premier Chinois à ramener autant de médailles en athlétisme. Et la première en or chez les hommes.
Cette image de « garçon sain » lui laisse en tous cas une large marge de manœuvre. L’omniprésence publicitaire des sportifs n’est pas toujours bien vue dans un pays où l’administration du sport est rattachée à Pékin, pourtant, selon le magazine économique Forbes, Liu Xiang a signé l’an dernier des engagements pour 4,5 millions d’euros, notamment avec Nike et Coca-Cola, tout en évitant les critiques. Sa participation à une publicité de cigarettes n’a même pas entamé sa notoriété. « Cette pub n’a pas eu beaucoup d’impact car elle a été peu diffusée », explique He Pengchong, journaliste sportif du site Tom.com.

 

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Liu Xiang (C), vrai jackpot pour sponsors, ici sur une publicité pour les cartes de crédit Visa co-brandées Coca-Cola. C.Dijkhuis/20 Minutes


Sous ses allures de gentil, Liu Xiang a néanmoins compris le système. Alors qu’il s’est engagé à 17 ans sur la voie professionnelle, tard selon les critères chinois, son salaire est désormais aligné sur ceux des stars internationales. Homme de records, il a même assuré en octobre dernier son corps pour 100 millions RMB (9,4 millions d’euros)… il marche dans les pas de son bon ami Yao Ming, Shanghaien comme lui. D’ailleurs, les deux jeunes héros s’appellent régulièrement pour « s’entraider » à gérer leurs succès ! C.Dijkhuis

02/07/2008

La princesse du plongeon fait des vagues

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Ses amourettes lui feront-elles perdre l’or à Pékin ? C’est ce que tous les fans de Guo Jingjing, 26 ans, double médaillée d’or sur le tremplin à 3 m et sur le plongeon synchronisé à Athènes, craignent.


1855145055.jpgAprès s’être affichée avec le champion de plongeon Tian Liang (photo ci-contre), elle s’est montrée affectée par son mariage avec la championne de la Nouvelle Star locale l’an dernier. Depuis, elle a un nouveau boyfriend, un millionnaire, neveu de l’un des magnats de Hong-Kong, mais les tabloïds font courir les rumeurs les plus folles sur leur liaison.

Entre les performances (deux médailles d’argent à Sydney, deux d’or à Athènes et quadruple championne du monde) et les magasines people, c’est un peu la Laure Manaudou des bassins chinois. Jusque dans les commentaires du public. « Guo ne doit pas trop penser aux garçons, sinon, elle va anéantir les espoirs des Jeux de Pékin, prévient, moraliste, un blogueur sur Sina.com. Son joli minois ne doit pas lui barrer la route de l’or. »

C’est que la Chine a la « princesse du plongeon » à l’œil : elle, si sage jusque là, avait scandalisé le pays après Athènes en7136163.jpg devenant l’égérie d’une marque locale de cosmétiques, et en posant pour des photos sexy, dont le cliché ci-contre est tiré. Elle a même été menacée par son autorité de tutelle de ne pas participer aux Jeux de 2008. « Mais il y avait peu de chance qu’ils passent à l’acte, affirme He Pengchong, journaliste sportif du site Tom.com. C’est l’une des seules qui peut obtenir l’or. Elle a tout de même cédé à leurs demandes et freiné publicités et activités sociales. » Guo, qui s’entraîne depuis l’âge de sept ans et est l’athlète féminine la mieux payée en Chine, envisage de prendre sa retraite après Pékin. « Mettre un terme à ma carrière à la maison en 2008, ce sera très émouvant », a-t-elle annoncé l’an dernier. En attendant, vous pouvez la voir à l’œuvre ici aux championnats de Melbourne l’an dernier ; les commentaires sont en flamand je pense, mais les images parlent d’elles même.

C. Dijkhuis

24/06/2008

Yao Ming, le géant chinois

Commencer cette galerie de sportifs chinois avec Yao Ming, ça fait tout son sens : c’est l’athlète chinois qui s’est le mieux exporté pour l’instant, le seul vraiment connu. Et pour cause : si vous regardez les matchs de la NBA, vous ne pouvez pas les louper, lui et ses deux mètres 26. La légende dit que pour nourrir le petit Yao en pleine croissance en temps de rationnements à Shanghai, sa mère attendait tous les soirs aux portes de son marché pour récupérer les invendus. Il est maintenant le « Chinois le plus célèbre » selon le classement de Forbes, pour les cinq dernières années consécutives. L’un des plus riches aussi. Et celui entouré du plus grand secret à en croire la biographie de Brook Larmer… un secret « censuré » en Chine.

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Après Mao, c’est le visage le plus connu en Chine. Yao Ming, joueur de basket de 27 ans, premier Chinois à avoir intégré la NBA en 2002, s’affiche sur tous les murs, panneaux publicitaires, ou moindre packaging. Comme ci-dessus, sur une façade entière de grand masasin à Shanghai. « C’est parce que c’est une vedette aux Etats-Unis que les Chinois en sont fiers », m'a expliqué Yang Yi, un des ses amis proches. Car si le pivot des Houston Rockets est l’un des meilleurs joueurs du championnat professionnel américain (moyenne de 22 points et de 10,8 rebonds par match cette saison), il n’a pas pour autant permis à l’équipe nationale à ramener de médaille, ni à Sydney, ni à Athènes, les deux années où il a participé aux JO. Mais la Chine a atteint les quarts de finale en 2004, une prouesse. « Il pense qu’une médaille à Pékin c’est irréaliste, m'a confié Yang Yi. Son but est d’améliorer les performances de l’équipe, mais il sait que le basket en Chine n’est pas assez professionnel. »

L’annonce de sa fracture de fatigue au pied, qui a mis en danger sa participation aux Jeux, a tenu le pays en haleine en mars. Finalement, le géant de 2,26 m devrait être sur le terrain cet été. C’est « son rêve », assure-t-il. Pourtant, le Shanghaien ne cache pas que le poids des espoirs de ses compatriotes lui pèse. On le sent aussi soulagé d’avoir fuit le système sportif public – même s’il a dû s’engager à revenir jouer en équipe nationale pour partir.

D’autant plus que sa biographie Opération Yao Ming, publiée en 2005 par Brook Larmer, laissait entendre que ses parents, anciens professionnels de basket de 2,08 m et 1,88 m, avaient été poussés à se marier par les autorités sportives de Shanghai pour « concevoir un géant ». En tous cas, ils ont réussi: le bébé dépasse d'une tête ses coéquipiers des Houston Rockets sur le banc !

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Quant à sa vie privée, elle est scrutée comme celle d’une superstar : son mariage l’été dernier avec l’ancienne joueuse de l’équipe féminine de basket Ye Li a été un évènement national ; mais lorsqu’il a fait un don de 48 000 euros aux victimes du séisme du Sichuan, alors qu’il a amassé 21 millions d’euros l’an dernier, il a été épinglé pour « pingrerie » à travers tout le pays.

Caroline Dijkhuis 

Crédits:

photo 1: Peiyi / CC / flickr

photo 2: Lori Greig/ CC / flickr

 

 
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